Le Petit Bleu (28/02/2015)

Le Petit Bleu

Insectes. Des pièges pour les chenilles processionnaires

Gros plan sur une procession de chenilles processionnaires à Saint-Hélen, lundi dernier.

Elles infectent les arbres et donnent de l’urticaire, au sens propre comme au figuré. Dinan Communauté sensibilisent les élus au problème.

Moins de 15 jours après avoir réuni les responsables techniques des communes du pays de Dinan, pour aborder le piégeage des reines de frelons asiatiques en action préventive, Pascal Perrin, vice-président de l’intercommunalité chargé de l’éducation à l’environnement, leur a donné rendez-vous sur sa commune de Saint-Hélen, pour parler d’un autre fléau naturel : les chenilles processionnaires.

« Nous avons été interpellés par plusieurs communes qui voulaient savoir si nous allions intervenir pour les chenilles processionnaires. Dinan communauté a donc souhaité informer les responsables communaux sur ces insectes et assurer une démonstration de mise en place de pièges par des spécialistes. Ce n’est pas compliqué à faire mais il faut les mettre à bon escient » a-t-il expliqué. Chaque commune prendra en charge les coûts de mise en place, de 60 € à 80 € l’éco-piège.

Des larves pérennes, une méthode écologique

Sébastien Bertrand de l’entreprise Breizh Services qui intervient dans les Côtes d’Armor, explique : « Nous plaçons des éco-pièges d’octobre à mars, à la base des troncs, afin d’y attirer les chenilles qui descendent à terre au printemps pour y pondre leurs larves. Ces pièges sont constitués de terreau en sac suspendu qui les attire. Puis fin avril à début mai, on met en place des pièges à phéromones pour attirer les papillons, un piège pour cinq arbres. Car même si les cocons dans les arbres sont détruits, il faut savoir que les larves de papillons peuvent rester en terre de un à cinq ans. » Cette méthode écologique est plus longue que l’utilisation de produits chimiques, mais plus efficace dans le temps : « A la Richardais, après quatre années de lutte, nous avons éradiqué 80 % des chenilles processionnaires » précise le spécialiste.

La mésange bleue, ce petit prédateur !

Rappelons que le danger des chenilles processionnaires vient de leur corps couvert de poils urticants qui sont éjectés dès qu’on les touche. Comme elles descendent des arbres et marchent en file indienne sur le sol, elles peuvent entrer en contact avec l’humain comme avec les animaux domestiques. Ces derniers qui jouent avec, sont atteints d’oedèmes souvent irréversibles et l’urticaire sur la peau humaine n’est pas une partie de plaisir ! Mais il existe un prédateur naturel qui se régale de ces chenilles, certes pas en quantité suffisante, il s’agit de la mésange bleue : « D’où l’intérêt de ne pas trop les nourrir si l’on veut que la loi de la nature opère cette régulation ! » souligne Samuel Le Louet de l’entreprise Sampic qui intervient sur les communes du 35.

A propos de la chenille…

Chaque cocon blanc à la cime des branches peut contenir de 80 à 200 chenilles. Ces dernières sortent la nuit pour manger les aiguilles des pins maritimes sur lesquels elles sont installées. Mais depuis quelque temps, certains épicéas et des sapins bleus semblent également infectés. Dès avril, elles descendent au sol et marchent en procession. Les cocons résistent à des températures comprises entre – 10 à – 15 °C. Les papillons se déplacent dans un rayon de 1 à 3 km autour du cocon initial.

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Le Petit Bleu (28/02/2015)

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